Mes chers compatriotes,
Grâce au travail considérable de nos reporters de guerre (cf article précédent), nos camarades de l'arrière et nos familles ont pu ressentir et entrevoir ce qui se passe ici, dans les tranchées.
Mais ces quelques clichés ne sauraient retranscrire avec une parfaite authenticité la véritable aventure qu'ont vécu les scouts de la 1ère Arras durant ces cinq jours sur les rives de la Somme.
Retour sur cette offensive de Pâques, en plein coeur de la bataille de la Somme...ou le roman d'une épopée digne d'un Signe de Piste :
Après avoir convoyé dans un wagon de transport de troupes jusque Albert, les jeunes recrues toutes fraîches guidées par leurs poilus officiers partent rencontrer des vétérans et découvrir ce qui les attend au front. On leur présente la vie dans les tranchées, alliées et ennemies, puis un ancien du régiment des sapeurs les familiarise avec le maniement des armes : Lebel, Mauser, Lee Enfield. Ce dernier les met en garde sur la dangerosité des obus et leur explique pourquoi il ne faut pas jongler avec des grenades ou encore ouvrir une boîte de corned-beef avec la Rosalie.
Ensuite, regroupées derrière l'étendard de la TCF, les quatre valeureuses patrouilles taillent leur route à travers la campagne picarde pour rejoindre leur cantonnement à Suzanne, non loin des premières lignes. Arrivés à bon port après cette marche harrassante sous un soleil de plomb et le poids du barda, nos joyeux camarades établissent leur campement autour de l'étang du bois saint Holaire, à l'abri des bombardements, hors de portée de l'artillerie ennemie. Une statue de la Vierge noire, érigée au bord de la clairière, semble veiller sur ce lieu mythique, épargné par les obus, comme touché par la grâce.
Le lendemain : entrainement intensif des troupes au combat. Voici les résultats de ces Olympiades où Dépassement et Esprit d'équipe sont les maîtres mots :
Tournoi de sioule : Guépard et Loup ex aequo
Régate de Radeaux : Lynx
Parcours Hébert : Loup
Le soir à la veillée, des vétérans de la bataille de Verdun, quasi concomitante de celle qui se déroule dans la Somme, racontent ce q'ils y vivent.
Jeudi matin...5h30... Des ombres se faufilent sous le couvert des arbres et se glissent sous la toile des tentes en bordure du camp...
7h30... .-.. ... .. .. .. .. la sonnerie du lever résonne dans la futaie.
Encore à moitié endormies, les masses rêveuses émergent de leurs sacs de couchage. Les faciès enkylosés de sommeil se groupent autour d'un feu timide, se réchauffant les genoux autour d'une flamme fébrile que tente de ranimer un courageux cul-de-pat. Soudain, celui-ci aperçoit à l'autre bout du plan d'eau les trois couleurs qui claquent au vent. Notre jeune héros s'en va immédiatement avertir son CP qui esquisse nonchalamment une approche de ce drapeau intriguant. Notre bonhomme, vieux briscard indéconcertable tant il a bourlingué, revient néanmoins en courant, un missive à la main, suivi d'un jeune patrouillard brandissant l'étendard bleu blanc rouge. Au pied du drapeau, sous un casque Adrian se trouve un ordre de mission. Mobilisation Générale! Il faut partir en campagne sur le champ! En quelques secondes, ayant réalisé la situation (et leur solitude) nos jeunes poilus bouclent leurs sacs et désertent les lieux...
9h30. Au cimetière britannique où reposent depuis près d'un siècle nos alliés, Les Chasseurs Alpins et les Gordon Highlanders (Loups et Guépards) s'apprêtent à revivre l'Histoire. Ils sont accueillis par leur chef de guerre, le Général Ferdinand Foch (photo ci-dessous - cliquez dessus pour l'agrandir).
Dans un bois situé un peu plus à l'est, se cache un batterie de canons ennemis, à l'intérieur d'un fortin. Les poilus doivent le trouver, y pénétrer et anéantir l'arsenal meurtrier qui inflige de sérieux dégâts au front.
Auparavant, ils doivent neutraliser et capturer les deux servants d'une mitrailleuse qui garde l'entrée du bois...
De l'autre côté, la fine fleur de l'armée allemande, les troupes de choc, menées par le Lt Ernst Jünger se préparent à défendre âprement leur position. En effet, cet appui d'artillerie est essentiel pour les unités de première ligne.
Nom de code : Opération Marteau de Thor
Objectif : tenir coûte que coûte jusqu'à l'arrivée d'un soutien aérien :
la Königlich Preußische Jagdstaffel Nr 11, l'escadrille de chasse du Hauptmann Manfred von Richtofen, le terrible Baron Rouge, et leurs impitoyables Fokker Dr.I.
Malheureusement, à midi, lorsque le moteur des avions se fait entendre, il est déjà trop tard. Les troupes françaises ont réussi à détruire 6 pièces d'artillerie.
Le Lt Jünger et ses hommes
Au cours d'un accrochage en survolant Vaux, la DCA anlgaise abat l'appareil du Baron von Richtofen, qui s'écrase dans les marais.
Tout de suite avertis, les états-majors allemands et français dépêchent chacuns un commando à la recherche du pilote disparu, les uns pour lui porter secours, les autres pour le capturer, mort ou vif.
Nom de code : Opération Icare au sol
Objectif : Recherche et exfiltration du Baron Rouge.
Très rapidement sur place, les allemands organisent une colonne de secours qui atteint les lieux du crash. Ils transportent le pilote blessé en brancard à travers les marais en déjouant les embuscades jusqu’au poste de secours où les attend le Lt Jünger.
Ensuite, la bataille reprend : mission de ravitaillement des panzers, vol des plans de la grosse Bertha dans le QG de Hindenburg, interception d'une transmission ennemie, infiltration derrière les lignes ennemies pour faire de la contrebande de tickets de rationnement, et enfin le dernier combat avec la montée en première ligne des combattant, jusqu'à l'assaut final contre la cote 110, surnommée la Fourmilière.
Si l'issue de la bataille de la Somme aboutit à une victoire alliée, nous ne pouvons après ces deux jours de grand jeu que saluer le courage et la vaillance des deux partis. Les allemands se sont bien battus et ont à maintes reprises eu l'avantage sur les Français.
À peine remise de ses émotions, la troupe est secouée par un violent orage ce qui n'empêche pas notre aumônier des tranchées, le Père Poilu, de célèbrer la Sainte Messe au coeur du camp. Enfin, le dernier soir, après une veillée enjouée annonçant le renfort des américains dans le conflit, les trois nouveaux CP sont investis à la lueur des torches. Chefs de patrouille, responsables devant Dieu de chacun de leurs garçons...
Après avoir reçu l'allégeance de leurs patrouillards qui ont prononcé leur promesse, les CP regagnent les rangs. On entonne la prière scoute.
Dans son coeur chacun se rappelle son engagement à servir et songe à la fin de cette triste guerre, au retour de la Paix fraternelle entre les nations.
"Ecoutez, le temps viendra
Les hommes un jour sauront la Vérité
Le lion s'étendra près de l'agneau
Et nous fondrons nos piques pour des faux
Et les sabres pour des herses
La paix sera notre combat
Faites que le temps vienne"
La Cour d'Honneur se réunit le dernier jour pour faire le bilan et le point sur la progression. Benoît et Nicolas, qui nous ont rejoints après avoir passé de nombreuses années chez les Scouts de France, sont reconnus comme scouts de seconde classe. Enfin, après un voyage retour express, les mains gauches se tendent sur la place de la gare et chacun rentre chez soi.
"Le devoir du scout commence à la maison"
Ce camp de Pâques fut l'occasion de se recentrer sur la vie scoute, d'améliorer nos techniques et de souder les troupes en vue de la campagne de cet été.
D'ici là, boostez vos épreuves de classe et de badges!
Harcelez vos CP et prenez rendez-vous avec votre CT pour remplir votre Azimut!
Bonne préparation du camp d'été en patrouille!
Pour l'EM des Armées (maîtrise très pêchue)
Le Cdt Broussart